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2015 - Croatie - Bosnie - Monténégro

vendredi 28 novembre 2014 par F.WALLET

Le voyage « classique » : Croatie – Monténégro - Bosnie-Herzégovine

du 1er au 9 juin 2015

Impressions de Croatie (voyage du 1er au 9 juin 2015)

Le voyage « Croatie-Monténégro » programmé par l’ASA concernait essentiellement la Dalmatie. En effet, nous ne sommes pas allés jusqu’à Zagreb, située plus au nord. Nous avons surtout parcouru la côte dalmate et les îles qui la bordent. Nous avons donc vu Split, Trogir, Šibenik, Dubrovnik, les îles Élaphites, l’île de Korcula ainsi que Kotor et Cetinje au Monténégro sans oublier un détour par Mostar en Bosnie-Herzégovine. Nous verrons donc les villes, les paysages et les impressions du voyage.

Split

Arrivés à l’aéroport de Split, nous avons pris la direction de Trogir où se trouvait notre hôtel Sveti Kriz, situé à Ciovo, et c’est de là que le lendemain nous sommes partis visiter la partie la plus ancienne de Split. Le clou de la visite est naturellement le palais de Dioclétien qui a été vraisemblablement construit à partir de 298. De style des villas romaines de l’époque, il occupe un rectangle de 215 m sur 180 m. Du chemin de ronde qui l’entourait il reste trois tours mais on peut encore voir toute la façade qui donne sur la mer. Nous avons parcouru les salles souterraines aux murs d’une épaisseur énorme. Elles permettent de s’imaginer la disposition des appartements impériaux situés au-dessus car les deux plans étaient similaires (ces salles, au Moyen Âge avaient servi de décharge…). Nous avons ensuite vu la cathédrale Saint-Dujam – saint Domnius a été décapité en 804 – qui occupe l’ancien mausolée de Dioclétien. La cathédrale, avec ses ajouts du XVIIe siècle rassemble un peu tous les styles et renferme un choeur baroque possédant des stalles en bois sculpté remarquables. La visite de Split se continue, à travers les vieilles ruelles vers la Porte d’Or, puis vers la Riva, promenade en front de mer conduisant à la rue Marmont qui est la plus belle avenue de la ville. Il est surprenant et à la fois agréable de découvrir là le nom d’un Français qui fut gouverneur sous Napoléon (1) et s’occupa de la modernisation de l’urbanisme. Il reste d’ailleurs des traces des vieilles maisons rasées à son époque telle l’ancienne bouche d’égout conservée à l’intérieur de la succursale de la Société Générale…
Après le déjeuner, direction Trogir, en passant devant les ruines de Salona qui fut une grande ville sous César. Trogir fut dominée par Venise, après avoir été occupée par les Francs, les Byzantins, les Hongrois ; il n’est donc pas étonnant qu’elle conserve des bâtiments remarquables comme le palais Cipiko (XVe siècle) situé en face de la cathédrale Saint-Laurent édifiée du XIIIe au XVIIe siècle. Le portail sculpté par Radovan en 1240 vaut le détour tout comme la chapelle Jean de Trogir (XVe siècle), restaurée en 2001. Notre promenade dans la ville s’est terminée sur le port, près des hauts murs de la forteresse de Kamerlengo, non loin de l’église Saint-Nicolas.
À Šibenic, où nous allons le lendemain, un tour de la ville médiévale nous fait admirer l’église Saint-Jean et la cathédrale Saint-Jacques qui est considérée comme un chef-d’oeuvre d’architecture construite entre 1431 et 1536 par les deux plus grands artistes de la Dalmatie, Georges le Dalmate et Nicolas le Florentin. Le baptistère y illustre le transition vers la Renaissance. La cathédrale est inscrite au patrimoine de l’UNESCO, comme la ville de Trogir.

L’après-midi fut consacrée au parc national de Krka où la promenade nous fit découvrir des cascades dont certaines sont impressionnantes et nous avons même visité un vieux moulin mais nous n’avons pu voir le monastère franciscain installé sur un îlot.

Le quatrième jour c’est une excursion vers Mostar, enBosnie-Herzégovine, qui est au programme. C’est une ville curieuse où, bien sûr, le Star Most (le pont), détruit lors des combats de 1992-1995, a été reconstruit après les accords de Dayton (photo ci-contre). On y a gardé les galets glissants qui pavent également les vieilles rues. À la reconstruction la ville a été divisée en quartiers catholique, orthodoxe, musulman et on a construit une synagogue alors que, selon notre guide, il y a très peu d’habitants de confession israélite… Mostar est une ancienne ville frontière ottomane et nous avons eu le privilège de visiter une maison turque aménagée, où notre guide s’est transformée en épouse turque pour nous montrer les rites et usages anciens. En quittant Mostar pour parvenir à Dubrovnik nous avons dû passer deux fois la douane car la Bosnie possède un accès à la mer. Il serait d’ailleurs question de construire un pont afin de faciliter l’accès à la ville.

Dubrovnik

À Dubrovnik notre hôtel Ivka était situé à l’ouest de la vieille ville qui n’est maintenant qu’une partie de l’agglomération mais constitue le point d’attraction. Dubrovnik mériterait plus qu’une journée pour faire une visite complète. Entrés par la porte Pile, après avoir vu la grande fontaine d’Onofrio, nous avons parcouru la Placa, artère centrale de la vieille ville qui doit sa remarquable unité de style baroque à la reconstruction imposée par le tremblement de terre de 1667.
Nous avons vu les principaux édifices qu’on se doit de visiter : le monastère franciscain et son cloître de style roman tardif, le palais du Recteur, sans doute le plus bel édifice de la cité, détruit plusieurs fois et reconstruit après 1463 en style Renaissance, et avec des ajouts baroques après 1667. Nous avons vu également la cathédrale de l’Assomption (début du XVIIIe siècle), la tour de l’Horloge et nous avons pris plaisir à nous promener dans les vieilles rues mais c’est surtout le tour des remparts qui nous a enchantés. De là, on découvre toute la ville avec ses toits rouges (tuiles données par la ville de Toulouse après les destructions de la guerre de 1995) ainsi que les différents forts.
Le lendemain, embarquement au port de Gruz, pour les
îles Élaphites. Nous voyons d’abord Kolocep, puis Šipan où le déjeuner a lieu chez un pêcheur et enfin Lopud où quelques-uns ont pu profiter de la plage pour se baigner.

Le jour suivant fut consacré à l’île de Korčula, plus éloignée et plus grande où nous avons visité la cathédrale Saint-Marc (dyptique de l’Annonciation attribué au Tintoret), le musée des icônes ainsi que le musée Marco Polo. Journée mouvementée car, partis d’Orebić, notre bateau, tombé en panne, a dû être remorqué… Heureusement, le retour fut plus calme : nous avons traversé Ston, qui, au Moyen Âge, exploitait des marais salants et était protégée par des remparts escaladant curieusement la montagne.

Kotor

À la fin du séjour nous avons passé une journée au Monténégro. Après un arrêt à Perast nous avons gagné la petite île artificielle de Gospa od Škrpjela (la Vierge Marie des Rochers) où est érigée une curieuse église baroque contenant une collection d’ex-voto offerts par les marins. Puis, après Kotor et une visite rapide de la vieille ville nous avons terminé l’excursion à Cetinje, l’ancienne capitale, dans une région montagneuse plantée de cyprès. Le retour vers Dubrovnik se fit par le ferry.
Notre court séjour en Dalmatie nous a permis de vérifier que la complexité qui caractérise l’Histoire de cette région et que nous avait décrite notre collègue Alain Barré lors de sa conférence, se reflète encore actuellement dans la vie du pays. On ne peut qu’être surpris de payer des achats en Croatie en kunas alors que le pays fait partie de l’Union européenne tandis que le Monténégro, qui n’est pas dans l’UE, a l’euro pour monnaie… Chaque pays, la Bosnie, la Croatie, le Monténégro revendique une langue nationale mais tous les habitants se comprennent. La Bosnie a un alphabet latin et un alphabet cyrillique (l’apprentissage de la lecture doit poser des problèmes…) Bien sûr, le pays porte les marques des destructions causées par les derniers conflits et si l’on parle de ces événements avec les Croates, c’est de la faute des Serbes, qui diraient, probablement, le contraire…
En conclusion, nous avons encore fait un magnifique voyage dans un pays plein de contrastes. Nous avons vude splendides paysages, navigué plus que d’habitude, visité de belles villes. Nous avons même pu écouter lesklapas (groupes de chanteurs) qui nous accueillaient dans beaucoup de sites. Certes, il y a beaucoup derestaurants et de marchands de souvenirs à Dubrovnik puisque les Ragusins vivent surtout du tourisme mais la vieille ville reste « la perle de l’Adriatique ».
Il faut encore remercier la commission voyage pour ce séjour effectué dans la convivialité habituelle de l’ASA(beaucoup se souviendront des plats de poisson et de calamar de Dalmatie).

(1)Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont (1774-1802), duc de Raguse (1808), maréchal d’Empire (1809)puis pair de France (1814), fut gouverneur général de Dalmatie en 1806.

Francis WALLET