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2015 - Anjou

lundi 15 juin 2015 par Bernard DELAHOUSSE

2015 - L'Anjou : Art et Histoire (27sept -1 octobre 2015 et du 1 au 5 octobre)

(5 jours/4 nuits)

L’ASA et la “douceur angevine” - automne 2015

Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine

Joachim du BELLAY, Les regrets (1558),
sonnet XXXI “Heureux qui comme Ulysse...”

Qui, parmi les 70 participants à ce voyage en Anjou, n’a eu à l’esprit ce célèbre sonnet de Joachim du BELLAY (1522-1560) au cours de ce séjour mémorable ? D’autant qu’une météo plus que clémente a été de la partie du début à la fin pour le premier groupe (27 septembre - 1er octobre), et à 70% pour le second (1er - 5 octobre). Douceur aussi de l’accueil à l’hôtel Le Relais du Bellay, situé à Montreuil-Bellay (15 km de Saumur), et qui a servi de base à nos excursions quotidiennes. Enfin, douceur des paysages angevins avec ses paisibles cours d’eau et la majesté des nombreux lieux historiques.
Le programme de visites des deux groupes était strictement identique, les restaurants et leurs menus également. Cependant, pour des raisons de logistique locale (fermeture de sites certains jours), l’ordre des prestations a dû être légèrement modifié. C’est la raison pour laquelle ce bref compte-rendu s’attache à présenter ce voyage par blocs journaliers plutôt que par ordre chronologique : à chaque participant de s’y retrouver.

Journée Rambouillet - Maintenon - Montreuil-Bellay

Après le départ à 7 h 00 tapantes des Quatre Cantons, trois arrêts ont permis “d’alléger” ce trajet de plus de 500 km jusqu’en Anjou : un arrêt “technique” sur l’A1 le matin, un second à Rambouillet pour le repas de midi, et la visite du château de Maintenon en début d’après-midi. Le restaurant à Rambouillet est situé au coeur-même de la ville, ce qui donnait l’occasion de faire une brève incursion dans le parc du château et prendre quelques photos de celui-ci. Le 1er groupe a même pu passer quelques instants à admirer les rutilantes voitures de collection exposées ce dimanche-là sur la place de l’hôtel de ville, ce qui l’a obligé par contre à marcher un peu plus pour reprendre l’autocar.

Château de Maintenon

Etape suivante, le château de Maintenon se situe au centre de la petite bourgade d’Eure-et-Loir ; il est surtout connu pour la destinée hors du commun de son hôtesse, Françoise d’Aubigné, veuve du poète Scarron, qui de gouvernante des bâtards du Roi avec la Montespan devient sa favorite, pour finalement l’épouser “en secret” (à peine gardé, d’ailleurs). Le château qui a subi de multiples modifications au fil des époques, a appartenu à la lignée des Amaury. Mme de Maintenon achète l’ensemble du domaine (château, fermes, terres...) en 1674, et grâce au soutien financier de Louis XIV y apporte de nombreuses améliorations. La façade extérieure en pierre est de facture classique, tandis que celle de la cour intérieure est en briques rouges rehaussées de pierres de parement. Cette cour intérieure donne sur un magnifique jardin à la française dessiné par Le Nôtre, laissant apercevoir tout au fond l’aqueduc de Vauban qui servait à amener, sur environ 80 km de long, l’eau de l’Eure au château de Versailles afin d’alimenter les innombrables fontaines. Cet aqueduc, dont la construction a démarré en 1685, comprend trois étages d’arcades, pour une hauteur totale de 73 m. La visite guidée nous emmène ensuite à l’intérieur dans les appartements du 17ème siècle avec, entre autres, le salon du Roi, le clavecin richement décoré de Mme de Maintenon, et aussi du mobilier, puis dans les appartements aménagés au 19ème siècle par le Duc de Noailles, avec notamment une superbe galerie décorée d’ors et de tableaux.

Hôtel "Le Relay du Bellay"

La journée se termine à Montreuil-Bellay, où le personnel très accueillant du Relais du Bellay nous reçoit dignement avec un verre de Crémant fort apprécié. Ce chef-lieu de canton, situé à la limite de l’Anjou et du Poitou et arrosé par le Thouet, compte un peu plus de 4000 habitants et se distingue par son patrimoine médiéval : château, portes fortifiées, remparts du XIIIe siècle, châtelet, collégiale, église Notre-Dame (XVe siècle), grange à dîme où nous aurons l’occasion pendant le séjour de goûter aux spécialités locales : fouées et mogettes. Bellay est la déformation du nom de Giraud Berlai à qui le Comte d’Anjou avait confié la cité.

Journée Saumur - Fontevraud - Montsoreau

Saumur

De bon matin, Saumur, au passé trop riche pour être relaté ici, est notre première étape, avec deux objectifs de visite : la vieille ville et le château. Le parcours dans “la ville close” permet de découvrir le coeur ancien de la ville au pied du château : nombreux hôtels particuliers du XVIIe et du XVIIIe siècles, maisons à pans de bois de la place Saint Pierre, théâtre, passage à travers les remparts, l’Hôtel de Ville datant du 15ème siècle dont la façade sur Loire contraste fortement avec le gothique flamboyant de la façade sur cour. Et pour finir, le château : juché sur un piton rocheux, il offre une magnifique vue sur la ville entière et sur la Loire qu’enjambe le pont Cessart. De forteresse au XIIIe siècle, elle devient dès le siècle suivant le château-palais des ducs d’Anjou dans lequel a résidé le “bon roi René” aux titres de noblesse multiples ; amoureux des arts et fin lettré, celui-ci s’attache à améliorer le confort de l’ensemble de ce majestueux édifice. Les anciens appartements des ducs d’Anjou comportent de riches collections d’arts décoratifs : meubles, tapisseries et céramiques du 14ème au XVIIIe siècle.

L’abbaye de Fontevreau

Après le déjeuner pris face au château, c’est vers Fontevraud que nous nous dirigeons. Fondée en 1101 par Robert d’Arbrissel, l’abbaye Notre-Dame de Fontevraud (photo ci-contre) est d’inspiration bénédictine : elle s’étend sur 13 hectares à la frontière entre l’Anjou, la Touraine et le Poitou, et constitue l’une des plus grandes cités monastiques d’Europe. Elle bénéficie de la protection des comtes d’Anjou, puis de la dynastie des Plantagenêts qui en font leur nécropole, sous l’impulsion d’Aliénor d’Aquitaine. Pendant deux siècles, elle est dirigée par des abbesses de la famille des Bourbons. A la Révolution française elle est transformée en établissement pénitentiaire jusqu’en 1963 (Jean Genet y fait référence dans Le Miracle de la Rose). Sur les quatre monastères d’origine, il n’en reste que deux : la visite guidée est centrée sur celui du Grand-Moûtier, le plus grand, qui héberge l’église abbatiale en tuffeau, la cuisine romane composée de huit absidioles coiffées d’une couverture en écaille, la chapelle Saint-Benoît du XIIe siècle, ainsi que le cloître, les bâtiments conventuels, dont la salle capitulaire, et les infirmeries du XVIe. Dans la vaste nef de l’église abbatiale sont exposés les gisants polychromes d’Aliénor d’Aquitaine et de son second époux Henri II Plantagenêt, ainsi que ceux de Richard Coeur de Lion et d’Isabelle d’Angoulême.

Le château de Montsoreau

Sur la route du retour, un bref arrêt est prévu à Montsoreau où les plus assoiffés d’histoire ont pu grimper jusqu’au château du 15ème siècle surplombant la Loire et rendu célèbre par le roman d’Alexandre Dumas La dame de Montsoreau, tandis que les assoiffés tout court dégustaient une bonne bière à la terrasse du café de la mairie. Le deuxième groupe, en raison d’une météo peu favorable, n’a fait que passer devant le château, et a ainsi disposé d’un temps libre plus long pour visiter Montreuil-Bellay.

Journée Brissac - Angers

Le château de Brissac

Dans un beau parc où s’élèvent de majestueux cèdres, ce château (photo ci-contre) surprend par sa hauteur, avec ses sept étages, et l’enchevêtrement de deux constructions destinées non à co-habiter mais à se succéder : la façade centrale de style Renaissance est flanquée de deux tours médiévales rondes et à toit cônique, vestiges du château d’origine érigé par Pierre de Brézé. Racheté en 1502 par René de Cossé, premier seigneur de Brissac, il est resté dans la famille jusqu’à nos jours. Fortement endommagé pendant les Guerres de Religion, il commence à être reconstruit au début du XVIIe siècle, mais la mort du Duc Charles de Cossé interrompt les travaux, laissant l’édifice inachevé. Au rez-de-chaussée, la visite révèle de superbes plafonds dorés à la feuille, un mobilier précieux, de magnifiques tapisseries, mais aussi des photos du duc actuel et de sa famille ; dans la salle à manger, un grand tableau représente l’ancien château de Bercy et son parc. Au premier étage, on passe de l’imposante chambre des gardes à la chambre des Chasses, aux murs abondamment garnis de trophées, puis à la galerie des tableaux où, parmi ceux de la lignée ducale, trône celui de la célèbre veuve Cliquot et de sa petite-fille. La visite se termine au second étage (les autres n’étant pas occupés) où l’on découvre un ravissant théâtre datant du XIXe siècle ; c’est à cet étage que réside le 13ème Duc de Brissac avec sa famille. C’est lui en personne qui a guidé le 1er groupe ; le second groupe n’a pas eu cet “honneur” mais a pu déguster l’Anjou Villages du domaine, plaisir que le 1er groupe n’a pas eu, faute de personnel ce mardi.

La forteress d’Angers

L’après-midi, consacrée à Angers, commence par un déjeuner bien mérité dans la vieille ville, à proximité de la cathédrale Saint-Maurice, bel édifice des XIIe et XIIIe siècle que nous découvrons à la sortie du restaurant : la façade est surmontée de trois tours qui lui donnent une forme élancée ; l’intérieur se caractérise par la forme bombée des voûtes qui leur ont valu le nom de “voûtes angevines”. Puis la guide nous emmène dans le dédale des ruelles du centre historique qui finalement débouche sur la forteresse construite par Saint-Louis de 1228 à 1238 en schiste sombre rayé de lits de pierre blanche. Dix-sept tours rondes jalonnent l’enceinte médiévale qui surplombe la Maine, et les anciens fossés sont plantés de beaux jardins. Après un petit tour sur les remparts, nous passons dans un bâtiment où un artiste japonais (?) expose une de ses oeuvres : une sorte d’échafaudage géant peint en or qui en a laissé plus d’un dubitatif. Sans aucun doute, cette fois, la pièce maîtresse du château reste la Tenture de l’Apocalypse, oeuvre tissée de 130 m. de long et de 5 m. de haut, composée de 6 grandes pièces de dimensions égales. Commandée par le duc Louis 1er d’Anjou, elle date du 14ème siècle et interprète le texte de Saint Jean dans le Nouveau Testament qui annonce la victoire du Christ après la persécution des chrétiens. Pour terminer en beauté, et c’est le cas, une autre série de tapisseries, contemporaines celles-là, nous attend au musée Jean Lurçat installé dans l’ancien Hôpital Saint-Jean. La vaste salle des Malades a conservé, à droite de l’entrée, l’ancienne pharmacie de l’hôpital avec ses pots en faïence. Tout autour, on peut admirer les couleurs contrastées et les motifs très évocateurs de l’ensemble intitulé le Chant du Monde, qui vise à illustrer les joies et les angoisses de l’homme face à l’univers.

Journée Langeais - Vallée des Goupillières – Chinon

Le château de Langeais

Cette journée constitue une petite entorse au thème du voyage puisque c’est en Touraine que nous continuons nos visites. Sur la rive droite de la Loire, se dresse le château de Langeais (photo ci-contre) élevé par Louis XI, de 1465 à 1469, pour contrecarrer les bretons qui tentaient de remonter le Val de Loire pour prendre la Touraine. De l’extérieur, c’est une forteresse médiévale, avec ses hauts murs, ses tours rondes, ses créneaux, ses machicoulis et son pont-levis. Dans la cour intérieure, on aperçoit encore les ruines du donjon du 10ème s., qui contrastent avec la façade d’inspiration Renaissance de l’édifice principal. L’intérieur est bien meublé et donne une assez bonne idée de la vie seigneuriale au XVe siècle. On peut y admirer de belles tapisseries des Flandres. A l’étage, la salles des gardes est transformée en salle à manger. Et dans la salle des mariages, on assiste à la reconstitution par des mannequins en cire de l’union de Charles VIII et d’Anne de Bretagne en 1491, consacrant la réunion de la Bretagne à la France.
En quittant Langeais, direction Chinon, nous nous arrêtons d’abord dans la vallée troglodytique des Goupillières : un chemin légèrement montant nous emmène dans ce hameau de trois fermes creusées par les paysans tourangeaux dans le tuffeau : puits, fours à pain, étables, silos à grain... sans compter le souterrain-refuge que d’aucuns ont eu du mal à franchir, tant il fallait se plier. Loin de la vie de château, on découvre ici la vie très rude des paysans il n’y a pas si longtemps.

La forteresse de Chinon

Avant l’ascension au château, un déjeuner roboratif nous attend à Chinon, patrie de Rabelais. Bâtie sur un éperon rocheux au-dessus de la Vienne, la vaste forteresse date pour l’essentiel de l’époque d’Henri II Plantagenêt (XIIe siècle). Démantelée au fil du temps, elle ne présente plus que quelques édifices : le Château du Milieu avec sa tour de l’Horloge et la cloche qui sonne toujours les heures ; le donjon Coudray où Philippe le Bel fit enfermer les templiers ; les logis Royaux où l’histoire des lieux est retracée dans une scénographie de grande qualité. De la salle où Jeanne d’Arc fut reçue par le dauphin, le futur Charles VII, il ne reste que la cheminée que l’on aperçoit sur le mur extérieur du logis.
Avant de rentrer à l’hôtel, un petit arrêt à Varrains en fin d’après-midi constitue un moment de détente très apprécié de tous. Les amateurs de vin suivent le Président à la cave d’un voisin viticulteur, puis survient la dégustation de vins de Saumur avant de passer commande, pendant que d’autres apprécient les boissons et gâteaux préparés par nos hôtes. Un grand merci à Colette et à Jacques pour leur hospitalité et leurs commentaires bien documentés en cours d’excursion !

Dernier jour : Le Mans.. puis ch’Nord

La cathédrale St Julien du Mans

Souvent ignoré par les touristes pressés que nous sommes plus ou moins, Le Mans a constitué la “cerise sur le gâteau” pour beaucoup de participants. La ville tire son nom du peuple des Cénonans, qui devient par la suite Cel Mans, puis Le Mans. Située au confluent de la Sarthe et de l’Huisne, la cité mancelle est ceinte d’une muraille romaine polychrome datant de la fin du IIIe siècle et encore très bien conservée ; elle fait partie des “villes rouges” en raison de la couleur des matériaux utilisés pour cette construction. Autre signe visible de la présence romaine, les thermes de Vindunum (nom d’origine de la ville) sont actuellement situés sous l’école des Beaux-Arts du Mans : les salles souterraines permettent de se faire une idée de ce site archéologique, mais la configuration étroite et les plafonds bas soutenus par des poutrelles d’acier nuisent quelque peu à l’authenticité des lieux. A l’intérieur de la muraille, le coeur historique de la ville, surnommé la Cité Plantagenêt de par les liens avec la dynastie éponyme, est constitué de multiples demeures Renaissance, de placettes, d’une centaine de maisons à pans de bois sculptés, dont la fameuse maison du Pilier rouge qui, dit-on, servit de demeure au bourreau du Mans. Nos pas nous mènent ensuite à la cathédrale Saint-Julien, combinaison d’art roman et de gothique, qui fut construite entre le XIe et le XVe siècle avec de la pierre de roussard et de pierre calcaire. Elle est l’une des plus vastes de France avec ses 134 m. de long et culmine à 64 m. de haut. Avec Chartres, elle possède l’un des plus beaux ensembles de vitraux médiévaux. A l’intérieur, les peintures de la chapelle de la Vierge, datant de la fin du XIVe siècle, sont célèbres pour les quarante-sept anges musiciens qui décorent les voûtes. Dehors, sur son flanc ouest, on observe un menhir en grès de 4,5 m. de haut attestant de la présence de mégalithes dans la région à la pré-histoire. Sur le parvis, une exposition temporaire de suricates et d’escargots géants multicolores fait le lien avec l’époque contemporaine. De l’autre côté de la place, le Carré Plantagenêt est, horaire oblige, visité un peu rapidement : parmi les collections permanentes, la guide choisit de commenter le célèbre “émail Plantagenêt” de Geoffroy V d’Anjou. Le restaurant où nous prenons le dernier déjeuner en commun se trouve juste à côté et se révèle de grande qualité. Le retour à Villeneuve d’Ascq a lieu aux alentours de 21 h 00, comme prévu.

L’auteur de ces lignes, également co-organisateur du voyage, ne souhaite pas, à ce titre, être juge et partie pour faire le bilan du voyage. Il ne peut que se faire l’écho des impressions des uns et des autres, souvent très positives en termes de qualité des guides, des repas, de l’hôtellerie et du programme préparé par la commission voyages, qu’il tient à remercier ici chaleureusement pour son travail. Il retient la proposition de certains participants de ménager un peu plus de temps libre dans les prochains voyages de ce type, qui ont vocation à s’adresser en priorité, mais sans exclusivité, à des adhérents ayant des problèmes de santé. Heureusement la météo a été une fois encore au rendez-vous, nous permettant de pleinement apprécier cette belle région angevine, au coeur de la “douce France”.

Bernard DELAHOUSSE


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