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2017 _ Laon et Guise

mardi 7 février 2017

LAON & Familistère de GUISE
Mercredi 26 avril 2017

Compte rendu du voyage - Jean Charles FIOROT

La visite de Laon

De l’autoroute, l’accès à la colline que nous voyons de loin se fait par le fastidieux contournement sud-est et une lente montée sinueuse nous conduit à la promenade de la Couloire au pied du rempart Guillaume de Harcigny.
Laon prise dans ses 7 km de remparts et ses murs est une ville en partie médiévale.
Notre groupe (deux groupes ont été formés) traverse le rempart sous la conduite d’une guide très alerte et très souriante. Puis par la ruelle de la Manutention, la rue Vachon, d’autres ruelles, la rue Ermant, nous atteignons la rue du Cloître. Nous sommes au pied sud de la cathédrale. Alors commence une longue histoire.
Le diocèse de Laon fut fondé par saint Rémi (évêque à 22 ans, mort à l’âge de 96 ans en 533) à la fin du Ve siècle, début du VIe, au moment de la conversion de Clovis et du début d’une époque très riche en personnalités du christianisme en ces lieux. Auparavant Laon dépendait du vaste diocèse de Reims. Le premier évêque fut Guenebaud, un neveu par alliance de saint Rémi.

Nous sommes sur une célèbre butte témoin de 180 m, reste d’un dernier plateau, suite au retrait de la mer et au travail de l’érosion. Elle domine la plaine environnante de 100 m. Au sommet se trouvent 10 à 20 m de roche calcaire lutétien (40 millions d’années), puis dessous 3 m de sable, 7 m d’argile et de nouveau 70 m de sable. Nous trouvons une nappe phréatique dans le sable à 15-20 m. Cette colline s’étend sur 2 km de longueur avec un important prolongement plus étroit de plus d’un kilomètre au sud dans sa partie ouest. Cette ville haute de 77 hectares, nous n’en parcourrons que la partie est, appelée la Cité.
L’actuelle cathédrale est l’héritière d’une ancienne cathédrale carolingienne. Les Carolingiens firent de Laon leur lieu de résidence pendant les IXe-Xe siècles (Charles le Chauve 840-877, Eudes 888-898, Charles III le Simple 898-922, Louis d’Outremer 936-954, Lothaire 954-986, Louis V le fainéant 986-987).
À la fin du Xe siècle les rois carolingiens sont remplacés par une nouvelle dynastie : les Capétiens. En 987 Hugues Capet, duc des Francs, est élu roi de France. Le 29 mars 991 par ruse l’évêque Adalbéron de Laon (appelé aussi Ascelin) lui livre la ville. Hugues Capet transfère la capitale à Paris.
L’ancienne cathédrale dite carolingienne était en fait une vaste basilique romane élevée entre 1052 et 1095, elle fut détruite lors de l’insurrection communale du 25 avril 1112 dirigée contre l’évêque Gaudry (sous le règne de Louis VI). Gaudry, personnage cupide et violent, est évêque de Laon en 1106, son élection suite à une promotion un peu trop rapide (il était sous-diacre à Rouen) est contestée par Anselme de Laon, grand esprit de son temps, maître de l’influente école théologique de Laon. Gaudry intervient alors auprès du pape Pascal II en visite auprès du roi pour recevoir en toute hâte l’onction pontificale.
Il partage ainsi le pouvoir avec Gérard de Quierzy, le châtelain royal, avoué de l’abbaye royale Saint-Jean et protecteur de l’abbaye Saint-Vincent de Laon. Le 7 janvier 1110 à la suite d’une querelle, Gaudry pendant une absence à Laon, fait assassiner, par son frère et ses amis, Gérard de Quierzy alors qu’il priait dans la cathédrale, ce qui n’est pas du goût de la population. Lors d’un voyage en Angleterre de Gaudry, des clercs, quelques seigneurs, des bourgeois influents exaspérés par le climat malsain ambiant obtiennent l’octroi d’une commune assortie d’avantages fiscaux (1111) confirmée par le roi Louis VI. Vers le 19 avril 1112, Gaudry s’estimant lésé prie le roi de la supprimer. Le roi accepte moyennant une somme d’argent. Pour récupérer cette somme l’évêque veut lever de nouvelles taxes qui ruineraient l’économie locale. Un groupe de conjurés, de riches marchands, des bourgeois, des artisans se révoltent le 25 avril 1112, pillent et incendient le palais épiscopal de Gaudry. Habillé en domestique il se cache dans un tonneau de sa cave ; démasqué il est sauvagement tué sur le champ. En plus du palais épiscopal et des maisons alentour saccagées, la cathédrale à la vaste charpente apparente est en feu et endommagée. C’est un des épisodes les plus sinistres de l’histoire des communes au Moyen Âge. En général leur organisation structurait bien la société (cf. les œuvres des médiévistes Georges Duby, Jean Favier, Robert Fossier...).

Évêque de 1113 à 1151, Barthélemy de Jur, homme d’ouverture d’esprit, sauveur des âmes, au goût ascétique, répugnant au luxe outrancier dans les églises, restaure la cathédrale carolingienne en 1113-1114 grâce aux multiples quêtes faites dans diverses villes de France et d’Angleterre, organisées à l’initiative d’Anselme et de son frère Raoul. Il fait venir les figures les plus en vue du christianisme conquérant comme Norbert de Xanten, Bernard de Clairvaux, fondateurs de nombreuses abbayes alentour (communauté des prémontrés, des cisterciens) ou Abélard. Il crée en 1128 une charte dite « d’Institution de Paix » qui instituait en fait une commune encore plus élaborée et plus juste que la précédente.

Dans une période florissante économiquement pour Laon (important marché du vin, des céréales, des tissus) et avec un état d’esprit différent, Gautier de Mortagne évêque de 1155 à 1174 reconstruit la cathédrale en 1155 (achevée en 1230), une cathédrale gothique cette fois qui reste comme un des plus beaux exemples du genre. Elle est contemporaine de celles de Senlis, Saint-Denis, Noyon, Tournai. C’est ce chef-d’œuvre que nous visitons.
Avant de déambuler brièvement dans le cloître en partie latérale sud (où se trouve un puits de 30 m qui servait à remonter la pierre calcaire pour la construction), nous levons bien haut notre regard sur deux des quatre tours de 56 m de hauteur, elles portent des statues de bœufs grandeur nature en hommage à la lourde contribution de ces animaux au transport des pierres depuis le pied de la colline.
Parvenus au parvis, la guide nous décrit longuement les trois portails, véritable hymne à la Vierge. Les voussures aux multiples statues représentent les ancêtres de Marie : Salomon (c’était en fait son frère) tenant dans ses mains le temple et David. La Vierge trône sur le trumeau du portail central. Tous les témoins et les scènes de l’histoire de l’origine de la chrétienté y sont représentés. Sur la façade émergent les gargouilles du rhinocéros et de l’hippopotame.
Dès l’entrée nous découvrons un alignement de colonnes majestueuses qui filent vers le ciel dont la couleur claire du calcaire est accentuée par une grande luminosité. Nous sommes dans le gothique primitif expérimental qui tranche de la tradition du roman. Le lieu impressionne par sa dimension, la nef fait 110 m de longueur, 40 m de largeur, ses voûtes sont à 26 m. L’élévation est à quatre niveaux : les grandes arcades, les larges tribunes, le triforium (où sont montés nos collègues du second groupe), les fenêtres hautes : les verrières sont la gloire et la raison d’être du style ogival. Toute la construction gothique a pour but de dégager les murs pour laisser la place aux vitraux. Le vitrail est une invention capitale du Moyen Âge, il succède à la mosaïque byzantine et à la fresque romane.
À la croisée du transept s’élève la tour lanterne, point central de la cathédrale, culminant à 40 m du sol. Elle possède une voûte à huit nervures. Le transept dans sa partie nord offre un vitrail formé de huit médaillons (petites rosaces) qui entourent une rosace centrale elle-même cerclée de huit lobes à motifs floraux. Dans ces neuf rosaces sont représentés les Arts libéraux, figurés par des allégories féminines. Nous trouvons dans le sens des aiguilles d’une montre : la rhétorique, la grammaire, la dialectique, l’astronomie, l’arithmétique, la médecine, la géométrie, la musique. La sagesse ou la philosophie est représentée sur la rosace centrale. Au sud du transept une grande verrière de verre blanc et une rosace à multiples bras apporte une lumière franche.
À l’est le chœur de la cathédrale se termine par un chevet à angle droit, il est percé de trois longues verrières surmontées d’une belle rose de neuf mètres de diamètre dédiée à la Vierge, un vitrail du XIIIe siècle. En se retournant au dessus des portails de l’entrée et derrière l’orgue se trouve la rosace qui a le plus souffert, elle représente le Jour du Jugement dernier. Tous ces vitraux sont flamboyants à couleurs dominantes rouge et bleu intenses.
Au cours des âges la cathédrale s’est enrichie, ont été ajoutées : les chapelles Renaissance au flanc des collatéraux nord, environ une centaine de stalles du XVIIIe dans le chœur…
Sur un pilier une carte de la Via Francigena nous rappelle que Laon est lieu de pèlerinage de cette grande traversée de Canterbury à Rome, initiée par Sigéric se rendant à Rome en 990 afin d’y rencontrer le pape Jean XV et recevoir le pallium, symbole de sa nomination d’archevêque de Canterbury. Nous avons la surprise de voir que le cartographe a marqué l’accès en France à Sombre et non à Strouanne un autre hameau de Wissant qui lui est en bord de mer.
Tout émerveillés par cet édifice nous retournons sur le parvis. Sur la droite se trouve un ancien hôtel-Dieu (1170) avec la salle gothique Bernard de Clairvaux (le futur saint Bernard) sous l’Office de Tourisme. Sur la gauche l’ancienne église Saint-Martin est le siège du Conseil des Prud’hommes. Sur la place Aubry, se trouve un hôtel-Dieu du XIIIe devenu une halle entre 1920 et 1960 ; actuellement c’est la Maison des Arts et Loisirs avec un théâtre. Puis sur le flanc nord de la cathédrale nous admirons le long palais épiscopal avec son cloître. Il est occupé par le Palais de justice et le Tribunal de grande instance. Une chapelle sur deux niveaux, du XIIe siècle, se trouve derrière la façade du fond.
Cheminant sur la promenade Barthélemy de Jur, nous longeons la façade nord du palais épiscopal ornée de tourelles et nous disposons d’une vue sur 20 km vers la plaine de Flandre et la Thiérache. L’occasion est aussi d’apercevoir sur le haut de ce flanc nord l’affleurement calcaire exploité dès le VIe siècle pour la construction.
Au bout de la promenade Barthélemy de Jur, nous prenons l’allée Jean Martinot jusqu’à la porte pont-levis de la citadelle construite en 1595. Cette construction est la conséquence de l’attachement de Laon à la Ligue, opposée à l’avènement de Henri IV qui accède au trône en 1589. Le roi venant de la Thiérache d’où il a bouté les Espagnols fera le siège de Laon pendant deux mois. Vainqueur il fait raser en mai 1594 ce cœur économique de 4 hectares (dont 300 maisons) et ordonne l’édification de la citadelle achevée en 1598. Puis il nomme un gouverneur venant de Soissons pour punir et surtout mieux surveiller les habitants. Sur un cartouche au dessus du pont-levis figure l’inscription « Henri IV roi très chrétien » (La Ligue catholique ou Sainte Ligue ou Sainte Union est le nom donné pendant les guerres de religion à une partie des catholiques qui s’est donné pour but la défense de la religion catholique contre le protestantisme. C’était aussi un mouvement politique. Par la suite La Ligue déclinera petit à petit). La citadelle est maintenant occupée par la Cité administrative.
Notre visite nous conduit à la porte Saint-Georges au sud de la citadelle, complètement murée. D’un bon pas, sur le rempart de Guillaume de Harcigny, nous nous rendons à un point de vue, au-dessus de la Porte d’Ardon.

L’église Saint Martin

Là se distingue vers l’ouest la vaste église abbatiale Saint-Martin (ordre des Prémontrés) fondée par Norbert de Xanten en 1120. Elle est complétée par un logis abbatial avec un joli pavillon dit le « vide bouteilles », un cloître du XVIIIe siècle. Ces bâtiments abritent maintenant l’immense trésor livresque de la bibliothèque de Laon constitué de manuscrits médiévaux du VIIIe au XVe siècles et d’incunables. Plus près à quelques centaines de mètres les bâtiments de la préfecture utilise l’ancienne abbaye Saint-Jean, proche du Conseil général. Les changements d’affectation des sites religieux eurent lieu à la Révolution.
Légèrement à gauche un long promontoire prolonge au sud la partie ouest de la colline. Il forme un demi cercle. Là se trouve ce qui reste de l’abbaye Saint-Vincent fondée en 589 par la reine Brunehaut. En deçà, au pied, une petite centaine de mètres plus bas, la cuve Saint-Vincent entourée et protégée des vents d’ouest par le promontoire, est une grande étendue boisée et cultivée d’environ 25 ha. Au Moyen Âge elle était couverte de vignes qui assuraient une grande activité et une grande prospérité à Laon. Cette culture prospérait en sa limite septentrionale dans les villages proches au sud comme Nouvion-le-Vineux, Montbavin, Bourguignon-sous-Montbavin les bien nommés, Vorges, Bruyères-et-Montbérault. Ces villages possèdent de nombreuses maisons de vignerons (« les vendangeoirs ») avec en façade deux escaliers en opposition encadrant l’entrée de la cave. La vigne sera remplacée au début du XXe siècle par les cultures maraîchères et la betterave sucrière.
Au sud toute proche la cuesta boisée de l’Île-de-France avec le Chemin des Dames marque la limite nord des plateaux du Soissonnais qui culmine à 217 m.
Nous revenons au centre de la cité pour découvrir dans l’enceinte du musée de Laon la chapelle des Templiers construite vers 1140. Le porche (narthex) comporte quatre arcades surmontées d’un étage avec campanile. Des figures (modillons) ornent le sommet des arcades latérales. Dans sa nef octogonale, elle abrite deux statues de prophètes et un gisant de la pierre tombale de Guillaume de Harcigny médecin du roi Charles VI. En 1312, à la dissolution de l’ordre du Temple, la chapelle revient à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
De là nous nous dirigeons vers la place du Général Leclerc où nous jetons un coup d’œil sur l’hôtel de ville et son annexe qui occupe l’ancienne église Saint-Rémy au Velours.
Nous descendons alors par une venelle à l’imposante porte fortifiée des Chenizelles du XIIe siècle donnant sur l’étroite rue du même nom. Cette rue montante avait un tel encombrement de circulation et d’activités qu’un cheminement piéton aérien avait été conçu : nous voyons encore son support à plus de 5-6 m fait de fers forgés en forme de L avec consoles accrochées aux maisons insérées au rempart.
C’est le moment de nous rendre au restaurant rue Saint-Jean.
Cette riche visite n’est qu’une vue parcellaire de cette préfecture qui compte 83 monuments classés ou inscrits au registre des monuments historiques.
En quittant cette colline nous avons une pensée pour les frères Le Nain, Antoine (1593-1648), Louis (1603-1648), Mathieu (1607-1677) nés près de Laon. Il leur est estimé une production de 2 000 toiles, seules 75 leur sont officiellement attribuées aujourd’hui. Une grande partie est exposée actuellement au Louvre-Lens avec quelques nouveautés.

Le Familistère de Guise

Le car roule maintenant au nord, dans cette plaine agricole picarde légèrement vallonnée, vers la Thiérache et traverse quelques villages. Un moment nous sommes un peu divertis en suivant des yeux une longue haie d’arbustes, orpheline depuis plusieurs décennies d’une voie de chemin de fer. Nous atteignons Guise.

Château fort de Guise

Le Familistère ou Palais social est la plus ambitieuse expérimentation et réalisation associant le travail, le capital, l’économie sociale et le bien-être imaginée par le talent de Jean-Baptiste Godin (1817-1888) né à Esquéhéries, village à 13 km au nord-est de Guise. Après un tour de France (Bordeaux, Marseille, Lyon…), il crée dès 1840 un atelier de fabrication de poêles en fonte qu’il déplace en périphérie de Guise en 1846 avec 30 ouvriers. Cet atelier devient une usine qu’il agrandira jusqu’en 1866 où s’activeront jusqu’à 1 120 ouvriers et ingénieurs (en 1925 ils seront 2 000). En 1853 il installe également un familistère en Belgique près de Laeken le long du canal de Willebroek. Ce remarquable capitaine d’industrie à la tête de fonderies et de manufactures d’appareils de chauffage et de cuisson est un démocrate et républicain confronté aux idées de Saint-Simon (1760-1825), Étienne Cabet (1788-1856), Robert Owen (1771-1858), séduit par les idées de Charles Fourier (1772-1837) et de son disciple Victor Considerant (1808-1893).
Il bâtit à côté de son usine, sur une presqu’île de l’Oise, une cité de 2 000 habitants. Ce Palais social est un ensemble d’habitations de briques rouges, d’architecture unique en ces débuts de l’ère industrielle. Il est composé d’un pavillon central (1864), d’une aile gauche (1860, endommagée pendant la Première Guerre mondiale et reconstruite en 1923), d’une aile droite (1877, où se trouve le logement de Godin). Ces trois pavillons (350 appartements) ont quatre niveaux avec balcons intérieurs donnant sur une cour centrale couverte d’une imposante verrière à quatre pans : la verrière centrale fait 40 m sur 20 m.
En face du pavillon central, séparé par un grand espace et une route intérieure se trouvent le théâtre (avec salle à l’italienne de 450 places), les écoles et le pavillon de l’Économat (avec boucherie, boulangerie, épicerie). L’ensemble des habitations est complété en 1883, au-delà d’un bras de l’Oise, par le pavillon de Cambrai (150 appartements). En bordure de l’Oise la buanderie, les bains, la piscine (1870), le jardin d’agrément et le jardin potager complètent ce site unique.
Godin peut être considéré comme le père de l’économie sociale et solidaire. Son action est unique pour l’époque. Il instaure la gratuité des soins et des médicaments, une crèche, un système de protection mutualiste, une caisse d’assurance maladie dès 1860, une caisse de secours aux invalides du travail, aux veuves, aux orphelins. La scolarité est obligatoire jusque 14 ans, l’école est mixte, gratuite, laïque. L’accent est mis sur l’hygiène : à chaque étage des points d’eau, des toilettes, un système de ventilation, d’évacuation des déchets, beaucoup de luminosité dans les pièces (chaque appartement a des fenêtres donnant sur l’extérieur et la nature)… À l’écoute du guide, nous sommes souvent admiratifs, plus particulièrement lors de la visite de la piscine chauffée par l’eau venant par canalisation de l’usine. Et elle dispose d’un plancher en caillebotis réglable en hauteur, permettant aux enfants d’apprendre à nager sans danger et de s’adonner à la baignade. Que ce soit dans la cour centrale des pavillons ou au théâtre, de nombreuses manifestations culturelles ou récréatives (congrès, conférences, fêtes du travail, de l’enfance, remises de distinctions, bals) sont organisées. Godin instaure le repos le dimanche, les journées de 8 à 10 heures, le travail des enfants à partir de 14 ans. Que l’on songe qu’à l’époque le travail se déroulait sept jours sur sept, plus de 10 à 12 heures par jour, les enfants travaillant dès 11 ans.
Malgré et à cause de ses vues progressistes et de ses réalisations humanistes Godin fut combattu par différentes classes dirigeantes, les hommes politiques, les capitalistes, le clergé y prenant sa part (les réunions d’éducation économique avaient lieu le dimanche matin dans le théâtre). Bien qu’il fût conseiller général, de son vivant l’usine ne fut jamais reliée à la gare. Néanmoins à partir de 1864 de nombreuses visites de personnalités et de délégations se rendent au Palais social. L’activité de Godin était multiple. Il écrivit plusieurs ouvrages : Solutions sociales (1871), Les Socialistes et les droits au travail (1874), Mutualité sociale et association du capital et du travail (1880), Le Gouvernement : ce qu’il a été, ce qu’il doit être et le vrai socialisme en action (1883), La Politique du travail et la Politique des privilèges, La République du travail et la Réforme parlementaire publié en 1889 par son épouse après sa mort. Innovant toujours et diversifiant sa production (émaillage des poêles de fonte développés sous toutes ses formes, machine à torréfier, lavabos, baignoires) il dépose de multiples brevets pour se protéger. Godin fut maire (1870-1874), conseiller général (1870-1883), député (1871-1876), mais ses propositions de lois étaient systématiquement rejetées.
Comme ses ouvriers et cadres il habitait au Familistère, ce que lui reprochait sa première épouse Esther qui souhaitait qu’il vive dans l’environnement plus traditionnel d’un industriel fortuné. À contrario, de manière discrète, Marie Moret (1840-1908), femme cultivée, sa deuxième épouse joua un rôle constant d’inspiratrice et de grand soutien pour en particulier faire connaître son œuvre.
Cette organisation prit fin en 1968, à cause d’une concurrence non maîtrisée.
L’ensemble du Palais social est devenu un musée avec une petite partie habitée. L’usine reprise deux fois fonctionne à une échelle plus réduite (250 salariés).

Un peu de bibliographie :
Loire L., Le Familistère de Guise, architecture, habitat, vie quotidienne (1858-1868), Mémoire de l’École des Chartes, 1988, inédit.
Dorel-Ferré G. (dir), « Villages ouvriers, utopie ou réalités ? », Actes du Colloque de Guise 16-17 octobre 1993, nos 25-25 de la revue L’Archéologie industrielle en France, 1994.
Godin J.-B., Solutions sociales, 1871, réédition La Digitale 1979.
Moret M., Documents pour une bibliographie complète de Jean-Baptiste André Godin, 3 volumes, Édition Guise : Familistère, 1897-1910, publiés en partie dans la revue Le Devoir de 1897 à 1908.

Programme de la journée

- 07 h 15 - Départ de Villeneuve d’Ascq - parking du métro 4 Cantons.
- 09 h 15 - Arrivée à LAON. Erigée sur une butte, la cité est habitée depuis l’époque gauloise. Capitale du royaume à l’époque carolingienne, elle devient au Moyen Age un centre religieux et intellectuel renommé : l’évêque Gauthier de Mortagne y fait édifier la cathédrale Notre-Dame. Au XVIe siècle, Laon devient une place forte militaire qui subit plusieurs sièges.
Visite guidée de la Cité Médiévale à travers ruelles et remparts. Puis visite guidée de la cathédrale Notre Dame de style gothique (XIIème siècle) qui inspira les bâtisseurs des cathédrales de Chartres, Reims et N-D de Paris. Enfin visite de la chapelle des Templiers, bâtie vers 1140 par l’Ordre des Chevaliers du Temple sur ce site de Laon, et actuellement située dans la cour du Musée Archéologique.
- 12 h 00 - Temps libre.
- 12 h 30 - Déjeuner à Laon dans un restaurant local (menu-3 plats avec ¼ vin eau et café).
- 14 h 15 - Départ pour GUISE.
- 15 h 00 - Visite guidée du Familistère Godin. Jean-Baptiste André Godin naît en 1817 dans une famille très modeste de l’Aisne. Cet ouvrier inventif et épris de justice sociale crée en 1840 un petit atelier de fabrication de poêles en fonte de fer. Vingt ans plus tard, il est à la tête d’importantes fonderies et manufactures d’appareils de chauffage et de cuisson. Il est aussi journaliste, écrivain et homme politique. Il devient député en 1871. Nourri des idées des de Saint-Simon et de Charles Fourier, entre autres, il sera socialiste phalanstérien. Il bâtit, de 1859 à 1884, près de son usine une cité de 2000 habitants, le Familistère ou Palais social. La visite guidée sera centrée sur le thème de L’HYGIÈNE, UNE QUESTION SOCIALE. Pour Godin, le logement n’est pas le logement minimum mais l’habitation saine, vaste, aérée, lumineuse et largement pourvue en eau courante, avec des équipements collectifs de qualité comme la buanderie-piscine du
Familistère. Outre celle-ci, la visite inclut les économats et le plan-relief du Familistère, ainsi que le pavillon central avec sa spectaculaire « coupe grandeur nature ». S’il est libre ce jour-là, on pourra voir le théâtre avec sa salle à l’italienne.
- 17 h 30 : Temps libre.
- 18 h 00 - Départ de Guise.
- 19 h 30 - Retour sur la métropole lilloise.

Prix de la journée : 73 € / pers. (sur la base de 35 participants minimum). Il comprend l’ensemble des prestations mentionnées ci-dessus : transport en car grand tourisme, visites guidées de Laon (centre historique, cathédrale et chapelle des Templiers) et du Familistère de Guise, déjeuner à Laon, et pourboires. Il ne comprend pas les dépenses personnelles. Le groupe étant limité à 45 personnes, une liste d’attente pourra éventuellement être ouverte en fonction de la demande.
Inscriptions : jusqu’au vendredi 10 février 2017 au plus tard.
Rappel : L’inscription à cette sortie exige d’être à jour de la cotisation 2017 à l’ASA pour chacun des participants.

Inscriptions fin janvier 2017.


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