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Randonnée Comines (Bel.)-Ypres

mercredi 30 août 2017 par Jean Charles FIOROT

Randonnée Comines (Bel.)-Ypres (vendredi 19 mai 2017)

Le thème de la journée est d’une part de longer le canal jamais achevé de 16 km entre Comines et Ypres et d’autre part d’explorer une partie du Parc Provincial du Palingbeek. Ce canal devait relier la Lys à la mer du Nord via le canal de Ypres à l’Yser (canal l’Yperlée) et l’Yser canalisée, pour aboutir à Nieuport.
Lorsque nous entamons la randonnée au niveau de la gare nous avons délaissé un km de canal en milieu semi urbain depuis sa jonction avec la Lys. Nous pensions le rejoindre légèrement au de-là de la courbe du chemin de fer, mais à cause de travaux destinés à contenir des inondations dues aux orages en ce bout de canal, nous joignons le chemin piétonnier (le RAVel) et le canal après un bon km parcouru dans la rue de Houthem et le Grand Chemin de Messines.
Notre itinéraire est simple, le chemin est tout proche du canal plus ou moins empli d’eau, parfois asséché, mais sur ce fond d’alluvions, il est envahi par les arbres, les arbustes, les plantes diverses ; le chemin de fer est tout proche aussi.
Nous passons en dessous de l’autoroute Armentières-Pecq. Après le croisement avec le Chemin du Petit Cornet nous pouvons voir le reste d’une écluse. Comme toutes les autres elle était destinée au passage des péniches dites flamandes ou spits, de gabarit Freycinet (longueur 38,50 m, largeur 5,05 m, portant 250 à 350 tonnes de fret). Nous délaissons Houthem sur notre gauche (et son ancienne gare laquelle est à notre droite) puis au niveau de Kortewilde, à la rue du corbeau, nous quittons la frontière linguistique, dorénavant nous parlerons le Flamand !
À la Kortewildestraat nous préférons nous rendre au village de Hollebeke. Du pied de l’église et de l’entrée du cimetière nous zigzaguons par des étroits sentiers parfois à l’arrière des jardins et débouchons sur la route de Hollebeke à Ypres (Komenseweg). Il nous reste 800 m pour être à l’entrée du Palingbeek. Cette fois nous sommes sous les grands arbres de ce parc et nous retrouvons le canal plus large que lorsque nous l’avions laissé. C’est le moment de découvrir son histoire.
Entre 1864 et 1913 la « Compagnie du canal de la Lys à l’Yperlee », puis à partir de 1886 l’autorité belge ont essayé de creuser un canal entre Comines (18 m) et Ypres (18-20 m) qui nécessitait de traverser une colline de 50 m au Palingbeek. À quatre reprises on a tenté de surmonter cet obstacle :
1864-1866 : creusement d’un tunnel (longueur prévue 1330 m), il s’effondre après 63 m,
1867-1873 : fouille d’une profonde tranchée ouverte qui est détruite par de nombreux glissements de terrain,
1887-1893 : reprise du creusement de la tranchée (1887-1889), construction d’un nouveau tunnel bétonné dans la tranchée, il est sous la menace de glissements de terrain et s’effondre,
1909-1913 : la tranchée est rehaussée de 5 m moyennant la construction de 2 écluses supplémentaires (il y en avait déjà 14 de prévues).
Ces effondrements et glissements de terrain sont causés par la structure du sol fait d’une couche de sable sur 5 m, puis dessous de l’argile et du sable sur 20 m (où se trouve la nappe phréatique et la ligne des sources) et ensuite d’un sol argileux imperméable.
Au point le plus haut (où se trouve le restaurant), les 2 bords de la large tranchée étaient reliés par le pont Saint-Éloi, un pont métallique reposant sur 2 doubles piliers en maçonnerie enfoncés dans le sol à une profondeur de 9 m. Au début décembre 1912 les pentes de la tranchée sont renforcées à l’aide de briques dans des cadres en béton.
Dès la fin décembre 1912 le terrain près du pont commence à glisser. Début 1913 les premières lézardes apparaissent dans les piliers, le 2 juin les piliers s’affaissent lentement, un des piliers est cassé en 2, le 10 juin la partie sud du pont s’écroule et en juillet 1913 tout est au fond de la large tranchée. Le projet est alors totalement abandonné.
Nous pouvons être étonnés de ces échecs mais ce type de situation notre collègue Francis Meilliez nous l’avait fait découvrir dans un cadre plus modeste lors d’une sortie avec les Jardins d’Athéna au Parc Barbieux à Roubaix. Initialement un projet de canal, lancé en 1848 consistait à relier cette fois la Lys (via la Deule et la Marque) à l’Escaut. Ce canal était à cet endroit en partie en souterrain sous une butte vallonné de sable dite montagne de Croix. À la suite d’éboulements le projet est abandonné en 1858 et un nouveau tracé a été choisi légèrement plus à l’ouest : c’est l’actuel canal de Roubaix achevé en 1877 assurant ainsi la liaison Marque-Escaut. Car la partie Wallonne appelée canal de l’Espierres commencée en 1840, était achevée dès 1843 : les premières péniches venant du Borinage arrivaient au centre de Roubaix en cette fin d’année-là. Alors la municipalité de l’époque a eu l’idée en 1872 de transformer en espace vert le chantier abandonné, projet imaginé dès 1859 par Henri-Léon Lisot. Les travaux du parc commencés en 1878 se terminerons en 1886 et même au-delà jusqu’en 1905. Francis nous avait rappelé qu’il a fallu en France la catastrophe du barrage de Malpasset le 2 décembre 1959 pour que dorénavant soit imposée une étude géotechnique pour tout type d’aménagement ou d’ouvrage.
Revenons à notre cadre champêtre flamand.
À partir de 1970 un territoire boisé de 240 ha a été aménagé comme domaine public par la Province de Flandre Occidentale et porte le nom de Palingbeek (le ruisseau aux anguilles).
Toutes ces péripéties nous les lisons en détail avec photos d’époque sur des panneaux en cheminant. Dans ce domaine deux zones se distinguent par le sens d’écoulement des eaux de pluie : le Molenbos (le bois du moulin) versant sur l’Yperlee à l’ouest et le Vierlingen (les quadruplés) versant sur la Lys et l’Escaut à l’est.
Bien que boisé, l’espace est ouvert car nous bénéficions de la largeur de la tranchée avec ses pentes douces et parfois de larges espaces d’eau peu profonde colonisés par les plantes aquatiques comme les saules de type arbustif, le jonc, la massette, les grandes prêles, les bugles...
C’est ainsi que nous arrivons par un sommaire escalier pentu au restaurant.

En fait ce coin de Flandre offre une grande étendue verdoyante. Au delà du Palingbeek et de la ligne de chemin de fer vers le nord-est, d’autres sentiers ou drèves explorent d’autres bois comme les Gasthuisbossen (les bois de l’Hôtel-Dieu) de 210 ha comprenant le Zwarte Leenbos, le Groenenburgbos et le Zandwordebos, puis plus loin le Domaine Godtschalck, le Hogebos, ce dernier proche du parc de Bellewaerde.
En début d’après-midi, nous poursuivons nos découvertes en nous rendant à une écluse toute proche. Nous pouvons la voir de face sur un pont en bois en nous imprégnant du texte explicatif et des photos d’époque. Nous quittons ce lieu et le canal pour nous rendre, au-delà du talus sur un chemin herbeux et humide très large, à un observatoire astronomique dit l’Astrolag « Ir-9He »x et « Ir-9HHe »e. inchr dans unrbeae cadredue verture avecculairière etvuergr,s bénéficaent d’uncieIl nuctuine eAu d gr dc par lapoallationlurminlus, se trouve le plus gran t(lecopee àmiCroers rrihr du bénluix.Ssur un des pignons desbâtiuments nous sommeslémrvMeilsés par un sphuistiqgé cadaun somaire contmaporint.
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Jean Charles FIOROT

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