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Association de Solidarite´ des Anciens Personnels
de l'Universite´ de Lille

2018 : Voyage au Cambodge

lundi 11 février 2019 par Marie Françoise WAXIN

VOYAGE AU CAMBODGE - ASA- Mars 2018

Après le passage de la frontière, notre bateau remonte vers Phnom Penh sur le Mékong couleur de terre argentée.
Comme au Vietnam, l’eau est ici mère nourricière.
Les formalités douanières se font au bord du fleuve, dans une cour ‘école arborée où se poursuivent poules et coqs, où errent des chiens fatigués de chaleur. Une statue khmère, le doigt dressé, semble indiquer le chemin.

PHNOM PENH

Le palais royal
À l’entrée, le guide nous désigne l’arbre de Bouddha, le pipal.
Des nagas à trois, cinq, sept ou onze têtes serpentent sur les toits pagodes.
Une fresque de plusieurs centaines de mètres met en scène l’épopée Ramayana : Sita ayant été kidnappée par Rawanal, Rama la recherche avec l’aide de l’armée des singes.
Le Wat Phnom ou temple montagne a donné son nom à la capitale du Cambodge ; dans un autel siège la statuette de Madame Penh, auréolée de dorures. Dans le temple règne une joyeuse ferveur : à côté de fidèles agenouillés, des touristes prennent des photos, une bonzette en robe safran, le crâne rasé, prend la pose ; les guides font leurs commentaires dans l’odeur d’encens, au milieu du recueillement.
Au Musée National s’exposent des statues pré-angkoriennes antérieures au 9 ème siècle et angkoriennes, caractérisées par leurs colonnettes octogonales.
Le linga à trois étages symbolise la trimurti ou triade divine : la partie haute, ronde, représente Shiva le dieu au troisième oeil, qui porte trident, hache et un serpent autour du cou. La partie médiane symbolise Vishnu, le dieu aux quatre bras, chevauchant le serpent Ananta ou Garouda à tête de vautour ; Brahmâ le créateur est le troisième, le moins vénéré, peut-être parce qu’il a épousé sa fille.
Le chignon de Bouddha ou ushnisha extériorise son génie ; le « sourire d’Angkor » souligne sa bienveillance.

Sur la route de Siem Reap

Un marché propose grillons, sauterelles, blattes, cuites avec talent, épicées et croustillantes.
Au bord de la route, sur l’eau fangeuse, la boue contraste avec la pureté d’une étendue de lotus ; leurs graines sont utilisées pour le thé, leurs feuilles enveloppent le repas du paysan et le parfument, leurs tiges sont utilisées pour le tissage du krama, l’écharpe khmère.
Dans un hameau, un temple bouddhiste, une pagode, un stupa ; pendue au balcon de la salle à manger, la luminosité des robes des moines. Un cambodgien grimpe en s’accrochant au tronc d’un palmier et recueille le sucre de palme en altitude.
Plus loin, au milieu des arbres fruitiers, se serrent les maisons sur pilotis d’un village khmer avec leurs toits en feuilles de palmier ou en tôles ; en devanture, une reproduction miniature de la demeure figure la maison des esprits ; sur des grandes nattes, à même le sol, sèche le riz.

Les temples d’Angkor

Sambor Prei Kuk : dans la forêt, des vestiges effondrés ou envahis par la végétation, des sculptures de lions et de garauda, le vautour.
Un autre temple montagne déroule dans une fresque sculptée la bataille contre le peuple cham : soldats tenant l’épée, l’arc ou le coupe- coupe, chars à bœuf, éléphants, chinois portant chignons, brahmanes, taureau sacré, danseuses célestes.
D’autre fresques mettent en scène la vie quotidienne : marché, visite chez le médecin combat de coqs, pêche, gens alcoolisés en posture effondrée.
Sur la route d’Angkor Watt nos tuk-tuk sont escortés par le tintamarre des cigales, le tapage des oiseaux et des grenouilles. On peine à imaginer en traversant la longue forêt dense, la sérénité et l’isolement passés d’Angkor, troublés aujourd’hui par le chaos des véhicules qui transportent les visiteurs.
La première image d’Angkor Vat, l’ensemble monumental, est familière :
un long pont flottant enjambe les douves et, après une première enceinte, s’étend une allée surélevée ; cinq tours aux formes de tiares se reflètent dans l’eau ; elles s’étirent vers le zénith, demeure des dieux, leur reflet dans l’eau tendant vers le nadir ou profondeurs de l’enfer.
A l’intérieur, une tour centrale se dresse comme une montagne avec un sommet ogival. Dans les galeries, des bas-reliefs, des colonnes, surmontées de linteaux en pierre, des représentations de Suryavarman II, le fondateur d’Angkor.

Angkor Thom  :

Devant le temple Baphuon des pierres disséminées et numérotées témoignent de la technique de reconstruction par anastylose.
Répétées jusqu’au bout du mur, les apsaras, jeunes filles célestes. Le bas-relief du barattage de la mer de lait symbolise le combat et l’équilibre entre les forces du Bien et du Mal : les dieux unissent leurs forces à celles de démons pour créer un élixir d’immortalité, puis trahissent ces derniers pour avoir l’exclusivité du breuvage.
Sur la terrasse des éléphants reproduits à l’infini, leurs têtes et leurs puissantes trompes sortent en relief du mur.
Le long d’un couloir étroit des milliers de figures de pierre verdies ou brunies dans des postures gracieuses ou menaçantes.
La statue du roi lépreux, ainsi nommée à cause de ses doigts manquants, est en fait celle du dieu des enfers.
Les divinités se tiennent dans l’obscurité, une fausse porte en pierre ciselée fermant un côté marque la séparation du monde profane et divin.
Dans un jeu de perspectives les chapelles se cachent, se révèlent ; se montrent aussi Shiva et son trident sur le taureau Nindiss et son épouse Parvati.
Sous le lichen vert, Sidharta Gautama sur son cheval part vers une vie de renoncement.
Le cheminement nous fait passer d’un lieu dédié à l’hindouisme à un autre dédié au bouddhisme ; parfois l’éclair orange d’un moine parmi les ruines les ensoleille.

Les tours du temple du Bayon, serrées et denses, semblent former une chaîne de montagnes ; sur chacune surgissent des visages énigmatiques fixant un des points cardinaux.
Dans Ta Prohm ou temple de la jungle, les fromagers enserrent dans leur griffes les pierres ; !a nature a repris le contrôle au milieu de la stridulation des cigales et des cris des perruches.
Promenade sur l’étang dans l’attente du coucher de soleil : sur les remous de l’eau, le reflet du soleil couchant s’étire en un serpent lumineux. Dans la nuit tropicale humide et épaisse s’éveillent des cris d’oiseaux inconnus, des sifflements. L’eau aussi devient d’encre et s’épaissit. Debout, les rameurs chantent en tapant du pied. La scène évoque la phrase citée par Pierre Loti : « Au fond des forêts du Siam, j’ai vu l’étoile du soir se lever sur les grandes ruines d’Angkor ».
La soirée nous offre un spectacle de danses traditionnelles ; la grâce des attitudes et la symbolique des mouvements de poignets et de doigts rappellent les apsaras des temples et leurs mudras (positions symboliques des mains et des doigts).
La citadelle des femmes Banteay Srei
Ainsi nommée à cause du raffinement féminin des sculptures et de sa délicate couleur rose.
Sur le lac Tonle Sap, des réfugiés vietnamiens habitent des maisons et commerces flottants ; des enfants se baignent dans une eau couleur de boue, un pêcheur lance son filet.
Le dernier jour sera consacré à l’artisanat khmère : sculptures de pierre, tête de Bouddha souriant, thé, poivre de Kampot, bijoux en argent, kramas à carreaux.
Le Cambodge s’offre comme un pays de spiritualité, de traditions, mais aussi celui d’une histoire féroce : le guide nous raconte la dictature des khmères rouges, l’exode de sa famille qui sera en partie massacrée, les tortures infligées aux intellectuels, qu’il subira lui-même et ponctue son récit de « c’est comme ça ! » traduisant une équanimité bouddhique.

Marie-Françoise Waxin


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