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A propos de la bataille de Bouvines

samedi 30 juin 2007 par Y.LEROY

Bien qu’elle ait eu lieu il y a presque huit siècles, la bataille de Bouvines peut encore susciter un certain intérêt.
En particulier parce que c’est un lieu de randonnée pour les lillois et qu’il existe des textes qui décrivent cet événement historique.

Les environs de Bouvines constituent un poumon pour la partie Est de l’agglomération lilloise : la zone frontalière entre la ligne TGV Lille-Bruxelles et l’autoroute E 42 est particulièrement rurale. On y trouve le lieu de la bataille, qui opposa l’armée du roi de France Philippe Auguste à une coalition rassemblant Otto de Brunswick, le comte de Flandres Ferrand et le Comte de Boulogne, Renaud de Dammartin le 27 juillet 1214, aux environs du lieu-dit « La chapelle aux arbres ».

Parmi les textes relatant cet événement, citons :

  • Le récit de « l’anonyme de Béthune », l’historiographe du roi, traduit par A.Duby
  • L’Histoire de France de E. Lavisse, tome 3, première partie pages 184 à 197.
  • « Le Dimanche de Bouvines », étude historique de G. Duby
  • « J’étais à Bouvines », roman historique de A. Streck.

Ayant arpenté ces lieux au cours de multiples randonnées à pied et à bicyclette et ayant eu connaissance de ces textes, je me permettrai les quelques remarques suivantes.

Chemin parcouru
Un fait est certain. Une voie romaine, qui relie Bouvines à Tournai, fut empruntée par les deux armées. De Tournai à Bouvines pour l’armée du roi de France, puis en sens inverse jusqu’au lieu de la bataille. Depuis Mortagne jusqu’à l’Ouest de Tournai puis jusqu’au lieu de la bataille pour l’armée anglo-germano-flamande. Comme dit E. Lavisse, « Pour aller de Tournai à Lille, la route directe (la seule qui existât en 1214) était la voie romaine » que l’on distingue encore très bien sur la carte IGN, d’autant plus que différents tronçons de la voie se nomment encore « Vieux chemin de Bouvines », « chemin de Bouvines » et même « chemin de la bataille de Bouvines ». Cette voie romaine, d’un tracé presque linéaire, passe par les lieux-dits « résidence Lelubre » à la sortie de Tournai, « La Pannerie » (point culminant du trajet à 80 mètres d’altitude), « Quatre Chins », « La brouette », « la Chapelle aux arbres » et Bouvines.
La voie romaine a dû changer d’aspect au cours du temps : une partie constitue d’ailleurs l’un des secteurs pavés du Paris-Roubaix cycliste. Mais c’est le tronçon entre « La pannerie » et « Quatre Chins » qui risque de ressembler le plus à ce qu’il était à l’époque de la bataille.
Le passage semble exigu si l’on pense que plusieurs dizaines de milliers de personnes l’ont emprunté en quelques heures.
Par ailleurs, si l’on peut penser que l’armée du roi de France l’a suivi de bout en bout, puisque venant de Tournai, les coalisés, venant de Mortagne, ont peut-être suivi un itinéraire un peu différent .

Nombre de combattants
Les différents auteurs ne sont pas d’accord à propos des effectifs engagés dans la bataille.
E. Lavisse se rallie aux chiffres donnés par des historiens qui l’ont précédé, soit 25.000 hommes dont 500 chevaliers pour les français et 80.000 hommes dont 1500 chevaliers pour les coalisés. G. Duby annonce des effectifs à la baisse : entre 4.000 et 6.000 fantassins et plus de 2.000 chevaliers et sergents à cheval pour les français et un nombre supérieur de fantassins et de cavaliers pour les coalisés. Soit près de 100.000 combattants dans le premier cas et moins de 20.000 dans le second, ce qui paraît plus plausible au vu de l’étendue du plateau qui est très inférieur à une centaine d’hectares.

Lieu de la bataille et disposition des armées
Un plan du lieu de la bataille est proposé dans les ouvrages de G. Duby et de A. Streck. La place du roi de France est proche de la Chapelle aux arbres. Dans le premier cas, les armées se rangent presque parallèlement à la voie romaine, dans le second cas les rangs sont plus près d’une perpendiculaire au chemin. Remarquons que, dans la première situation, un fossé ( si nous supposons qu’il existait déjà il y a huit siècles ?) à l’Ouest de la D90, peut avoir gêné le déplacement des cavaliers ???

Observation de l’armée ennemie par frère Guérin.
Le récit de « l’anonyme de Bethune » mentionne le fait suivant, qui s’est produit avant la bataille.
« (le vicomte de Melun et frère Guérin) se détachèrent de l’armée d’environ trois milles (environ 5 km) et chevauchèrent tant ensemble qu’ils gravirent un haut tertre d’où ils purent ouvertement distinguer les rangs de leurs ennemis qui se hâtaient de venir et étaient tous équipés pour combattre. Quand ils virent cela, Guérin se détacha immédiatement et se hâta de retourner au roi ».
Ce lieu élevé est, très probablement, la butte dite « La Pannerie » d’où l’on a un point de vue exceptionnel notamment vers le Sud Est, en direction de Mortagne : la petite route dans cette direction, se nomme d’abord « chemin de Froidmont » puis « Chemin de Mortagne ».

Remarques
La cathédrale de Tournai, que l’on aperçoit depuis le début de cet itinéraire, construite au XIIIe siécle , existait-elle sous sa forme actuelle en 1214 ?
On pourrait également causer des vitraux de l’église de Bouvines et de la fontaine de Bouvines.

Y. LEROY 18 mars 2007


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